10/10/2016

Ethique, c'est quoi ce machin ?


Vu ce soir ce Tweet lucide, et discrètement désespéré, du SNJ*...
En plus de 10 ans, je n'ai jamais entendu prononcer une fois ce mot au journal. Ethique. C'est presque devenu un gros mot. Un truc d'emmerdeur, d'aigri, d'empêcheur de nullifier en rond...
Bon, OK, pour un ou deux, au journal, ça signifie encore quelque chose. Vaguement. Comme une lumière ancienne clignotant encore une ou deux fois par année bisextile dans le sombre tunnel de notre mauvais usage de ce métier, asservi au "buzz", au "trop intello, ça va les faire chier" ou autre "c'est génial parce que ça cartonne"...
Mais je ne suis pas Zorro. Je prends certes des risques en renâclant ou parfois m'engueulant pour de bonnes causes, mais finis par (presque) céder pour épargner le dernier des Justes : moi... Dont le demi-héroïsme manque des 50% qui lui vaudraient une statue.
* SNJ : Syndicat National des Journalistes



09/10/2016

Aude Ancelin, la décadence du journalisme, et nous.

Chacun de nous, journalistes en activité essayant de garder les yeux ouverts sur ce que sont devenues les petitesses de notre métier, pourrions en publier un....
Oui mais voilà : la peur de se faire virer, blacklister, ou enfermer au fond d'un placard nous empêche de le faire.
Heureusement - si je puis dire -, virée il y a peu de L'Obs (cf. Acrimed), Aude Lancelin publie en toute liberté un livre* sur la décadence du journalisme : vous pouvez lire ici le papier de Livres Hebdo à ce propos. 
Sans a priori partager toutes les opinions de notre consoeur sur tous les sujets, et sans avoir encore lu son livre qui sort dans 3 jours, on ne doute pas que quelques saines vérités vont y être assénées, qui redonneront un peu de courage à tous ceux qui rament dans leur coin, écrasés ou écartelés (double peine en général) par les travers actuels de notre profession. De tous ceux et celles-là, je fais évidemment partie, rongeant mon frein en rêvant de cracher le morceau, ce qui relève de l'acrobatie buccale...

Tu fais court, et distrayant !
J'hésitais moi-même sur l'opportunité de publier ce genre de livre, sur la meilleure manière d'ouvrir ma gueule autrement qu'en petit comité, ou via quelques engueulades ponctuelles avec certains responsables de la rédaction poussant trop loin la caricature, inconscients (dans le meilleur des cas) de ce qu'ils sont devenus : les serviteurs zélés d'un système dévoyé. Zélés, et impitoyables, quelles que soient leurs qualités par ailleurs, ou ce qu'il en reste - disons : quelques grammes, qui leur servent de bonne conscience...

Vais-je écrire un livre ? me suis-je en effet demandé il y a quelques mois. Pourquoi pas, j'en assume les risques. Enfin, je crois. Mais en attendant, ai-je décidé il y a 10 jours, je vais créer un blog, pour, au milieu de quelques états d'âme nombrilistes et assumés, y rédiger certains articles que je ne peux pas écrire dans mon journal pour cause de formatage généralisé. Ou même, carrément, certains papiers au jour le jour sur le métier lui-même, tel que je le pratique et trop souvent le subis...
Ce blog naissant, que vous avez sous les yeux et qui n'en est qu'à son balbutiement, pas encore représentatif de ce que je veux en faire, je vais l'ouvrir à d'autres, qui anonymement ou pas, viendront contribuer à ce petit espace de liberté gueulatoire ou serein.

Pour le livre, Aude Lancelin s'est dévouée. Reste à voir si un bouquin de plus sur ce thème tabou serait forcément de trop. Je me déciderai après lecture de son brûlot, mais pour le blog j'attends surtout que vous preniez contact avec Moigazine pour y signer quelques textes bien sentis sur notre métier, ou tout simplement des articles ou billets que vous ne pouvez pas signer dans vos colonnes habituelles
Comment prendre contact ?

* Le monde libre (éd. Les liens qui libèrent)


03/10/2016

Lundi de m...

Il fait beau, pourtant.
Soleil d'automne,
En ce lundi clinquant.
Mais perso ou pro, alone.
Et perspective de galères
Où user son coeur et ses nerfs.
Libera me, domine.

02/10/2016

Le coeur sourd, j'écris court.


Sans ciel ni loi
Je me lasse
De moi
Je me casse
Et trépasse
Cent fois
Et trépasse
Sans foi.

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Un soir de cafard, j'ai déposé ça sur un blog anonyme.
Eh bien, je le désanonymise...
Et je constate que je n'en meurs pas. Enfin, pas tout de suite...
Cela dit, ce blog vous est ouvert : sous pseudo, ou pas, venez vous aussi vous vautrer dans vos états d'âme...
Lâchez prise en cliquant ici.







09/10/2015

Les petites trahisons de la Toussaint

Je pense à la Toussaint, à laquelle je ne pense jamais.
A cause des vacances scolaires de mon fils qui se profilent à l'horizon incertain de cette fin octobre.
Pourtant je ne suis pas pratiquant, et n'ai pas l'habitude de fréquenter les tombes à date fixe - ni même variable ajouterais-je avec un gramme de mauvaise conscience.
De là, l'océan, de là, l'au-delà.
Mais là, quelque chose m'étreint en songeant à ceux de ma famille qui sont allongés sous la terre basque de Guéthary. Trois d'entre eux - un grand-père, une grand-mère et un frère - habitent désormais pour toujours les hauteurs de l'église et de son petit cimetière d'où ils observent l'océan lointain en contrebas.
A un kilomètre de là, dans une espèce de no man's land plus vert, ma mère rêve distraitement dans l'annexe campagnarde du cimetière. Tous les quatre attendent - ou pas - la visite de notre famille de Parisiens venus saluer une dernière fois ce pays d'origine, où sera vendue la dernière maison qui nous restait, et revivre ensemble ces souvenirs si vifs que nous y avons tous.
Mais le voyage vient d'être annulé. Nos quatre morts, qui à une exception près étaient aussi peu pratiquants et religieux que nous, ne nous en veulent pas. Mais moi, si. Et pendant qu'à presque mille kilomètres d'eux, je me crispe en pensant à ce manquement, à cette sorte de trahison, ils mêlent dans une nostalgie paisible leur chant tranquille à celui de "toutes ces voix chères qui se sont tues"...

08/10/2015

Bougez-vous, bougeons-nous, le cul

Interpeler les chefs d'état pour qu'ils osent une action courageuse en faveur du climat lors de la conférence COP21 qui va s'ouvrir à Paris. Pour qu'ils se bougent enfin ce sur quoi ils restent trop souvent assis : leur cul.
Nicolas hulose
Je n'étais pas spécialement fan du Tintin reporter d'Ushuaïa - quoi que... - mais c'est à peu près le seul écologiste de taille à ne pas tremper dans les petites manoeuvres politiques, ce qui d'ailleurs lui a déjà coûté cher, alors je viens de signer son appel.

Si vous non plus n'êtes pas indifférent à la catastrophe qui nous guette et qui a déjà commencé, si vous n'êtes pas un résigné, un goguenard professionnel, un aquoiçaserophile, un héros de salon ou un cynique de bistrot allez-y, c'est par là :

https://formulaires.fondation-nicolas-hulot.org/fra/osons/.

Se déshabiller, en somme

Eh bien maintenant, ce blog étant créé, dès après ce premier billet, et aussitôt effectués quelques réglages techniques ici et là, il va falloir commencer à parler.
Mais ça, ce n'est ni difficile ni intéressant.
Ce qu'il va falloir en fait commencer à faire, c'est dire.
Des choses sur moi.
Intimes, ou sur mes opinions, les deux n'étant pas étrangers l'un à l'autre...
En tout cas : dévoiler quelque chose de moi, autre que la couleur de ma chemise, le nombre de mes amis Facebook, mes films ou mes sports préférés, que la faim dans le monde c'est mal, ou que la pluie ça mouille.
Pas par exhibitionnisme - cela dit, en suis-je si sûr ? - mais par volonté d'avancer : en m'obligeant à sortir ce qui veut rester caché.
Caché, ou obscur. Ou maquillé. Ou allongé sous le lit. Endormi au fond du placard.
Que ce soient des choses secondaires ou capitales, peu importe. Elles constituent une chaîne, qu'il faut tirer. Pour ne pas qu'elle me tire, pour ne pas que je ne sois qu'un jouet, marionnette des mécaniques qui me meuvent sans que j'y réfléchisse...
Eh bien, voilà qui s'appelle un pari.
Et tant pis si je m'en mords les doigts un jour !
Demain ? Après-demain ?